GreenMango
Emmanuel Macronelysee

Macron on EU Budget and Agriculture

EU Trade & Economy

Macron discusses EU budget negotiations, agricultural funding, and cohesion funds.

Vous avez posé deux questions sur la Chine et le budget. Sur le budget, la France défend un budget agricole ambitieux, mais elle n'est pas toute seule. Ne vous trompez pas. Il n'y a pas d'accord sur le budget si vous n'avez pas les gens sur l'agriculture et les fonds de cohésion, en vrai. Malheureusement pour moi, ça sera mon troisième exercice budgétaire négocié, donc je peux vous le dire en connaissance de cause. Nous, on est prêts à faire ce que dans le langage bruxellois, j'ai découvert ça, on appelle des smart cuts, des coupes intelligentes, c'est-à-dire des coupes sur lesquelles on est d'accord. Donc, en vrai, on va commencer la discussion pour dire où est-ce qu'on peut faire des économies intelligentes qui n'impactent pas nos priorités réciproques. Mais on va devoir trouver une convergence sur tout ça. De quoi on a besoin ? D'un budget européen qui tient nos politiques historiques sur l'agriculture. Parce que l'agriculture, il en va aussi de notre souveraineté alimentaire. Il ne faut pas se tromper. Ça ne sert à rien de bâtir la souveraineté numérique de défense si c'est pour construire une dépendance agricole. On pense que l'agriculture, c'est acquis de tout temps. Faux. On a construit après-guerre, par notre Europe, une souveraineté alimentaire. Il faut la défendre. Donc l'agriculture, important. Les fonds de cohésion, très importants pour beaucoup de nos collègues parce que ça recrée de la convergence européenne. Après, on voit bien qu'il y a des budgets qui augmentent beaucoup dans d'autres politiques sur les coûts de fonctionnement de notre Europe, etc., où on peut se mettre d'accord. Ensuite, on a la nécessité d'avoir de nouvelles politiques et sur le spatial, on s'est mis d'accord sur IRIS², sur le numérique, sur les technologies vertes, sur des sujets de défense, l'IA, le quantique. On veut une politique européenne ambitieuse. Si on veut défendre le marché unique, on ne peut pas renvoyer ça aux budgets nationaux, sinon on détricote le marché unique. Donc ce qu'on a appelé là ce fonds de compétitivité, ces dépenses d'avenir, appelez-le comme vous voulez, c'est aussi un pilier très important du prochain budget. Et derrière ça, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on va travailler ensemble pour regarder où est-ce qu'on peut faire les coupes intelligentes pour que ça revienne à un niveau raisonnable mais ambitieux. Et on a besoin de cette ambition. Et préparer ensemble notre réponse aussi à ce que la Commission nous prépare sur les ressources propres, très important. Dans les prochaines semaines, la discussion sur les ressources propres, elle est clé. Pourquoi ? Parce que les ressources propres que l'Union peut avoir, qui sur une taxe numérique, qui sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières ou autre, c'est ce qui vous permet d'avoir plus d'investissements européens sans avoir plus de contributions nationales, surtout de la part des pays comme nous qui sont des contributeurs nets. Donc voilà l'esprit dans lequel on va travailler et en bâtissant un accord et un compromis. Sur la Chine, les chiffres, ils sont assez simples et assez clairs. On peut dire ce qu'on veut, la Chine, c'est en aide aux entreprises 8 fois la moyenne de l'OCDE. La Chine, ça représente à peu près 15 % du commerce mondial et c'est 35 % des produits manufacturés. Si ça ne s'appelle pas une surcapacité ! Et c'est l'effondrement du marché domestique. Ce qui fait que nous, Européens, on est un facteur d'ajustement du déséquilibre entre offre et demande chinois. C'est vraiment très clair. Et on l'est encore plus post-tarifs américains. Donc, il est clair qu'on doit régler ça. Et il n'y avait pas forcément de convergence au début entre nous. Rappelez-vous, quand la Commission a lancé son enquête sur les véhicules électriques venant de Chine, elle a fait d'ailleurs une approche très fouillée, différenciée entreprise par entreprise. On n'était pas d'accord en franco-allemand à cette époque-là. Là, vraiment, on est d'accord parce que les chiffres sont là. Il y a une vraie convergence historique. Et donc, on ne doit insulter personne, on n'est pas du tout pour faire un decoupling, comme on le dit en bon français ou en bon allemand, avec la Chine. On est pour à la fois nous dérisquer, réduire nos dépendances, d'où ce qu'on veut faire ensemble sur la technologie, les matières premières critiques, mais on est pour protéger nos entreprises. Des mesures de sauvegarde, des mesures, ce qu'on demande à la Commission, et au fond, pas mettre 18 mois pour faire une enquête. Il y a un secteur qui est menacé par une attaque de l'industrie chinoise et ça se voit tout de suite, quelque part, des mesures d'urgence et des procédures d'alerte que la Commission pourra prendre pour pouvoir tout de suite réagir et protéger notre base industrielle. Et ça, il faut réussir à le faire dans un dialogue avec la Chine pour qu'elle comprenne que sinon, elle nous place dans une position impossible. Mais c'est fondamental. Et à côté de ça, j'insiste sur 2 autres choses et je conclurai là. On doit défendre le contenu européen parce qu'au-delà de la Chine, plus largement, on est le seul grand espace qui ne défend pas son contenu domestique. La Chine, elle a une préférence chinoise. Elle défend un contenu chinois, elle défend un capital chinois. Les États-Unis d'Amérique et même l'Amérique du Nord à travers le NAFTA, ils défendent un contenu, surtout quand il y a des subventions fédérales. Nous, en Europe, on est les seuls jusqu'à présent à ne pas le faire. On commence à le faire, mais il faut le faire, il faut le faire. Et l'Europe, c'est 27, parce que le budget, on est 27 à payer. Les Marocains, les Turcs qu'on aime beaucoup, avec lesquels on a un lien industriel et qui sont des partenaires de confiance, ils ne sont pas dans le budget européen. Nos partenaires commerciaux, l'Inde ou autres, qui sont des gens de confiance avec qui on a une relation amicale, on les aime beaucoup, on veut commercer, mais ils ne sont pas dans le budget européen. Donc on défend une préférence européenne et un contenu européen qui est vraiment à 27, parce que c'est sur des dispositifs que les Européens à 27 payent. Et on doit défendre notre emploi à 27. Et mon dernier point, c'est qu'on doit compléter tout ça, et je salue vraiment ce que le chancelier avait lancé dans la discussion au G7 il y a quelques semaines, d'un dialogue sur le change avec la Chine. C'est très important. C'est-à-dire qu'on doit vraiment réengager avec la Chine un dialogue stratégique, nous Européens, parce qu'aujourd'hui on a un renminbi qui a une relation à l'euro qui n'est pas soutenable et qui ne correspond pas aux termes de l'échange. Il ne peut pas y avoir un tel excédent commercial de leur part et un renminbi autant dévalué par rapport à l'euro. Ce n'est pas soutenable. Et ça, et la fermeture de leurs marchés financiers est un problème pour la relation commerciale et financière entre nos 2 espaces. Et donc, ça, on doit l'aborder de manière extrêmement respectueuse, mais volontariste.
View official source