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Macron welcomes Canadian Prime Minister Mark Trudeau to Saint-Pierre-et-Miquelon

US-France Relations

What was said

Macron welcomes Canadian Prime Minister Mark Trudeau to Saint-Pierre-et-Miquelon and announces the creation of the Canada-France Polar Research Forum.

Monsieur le Premier ministre, cher Mark, Madame la ministre, Mesdames les ambassadrices, Monsieur le préfet, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le président, Messieurs les maires, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités, Mesdames et Messieurs de la presse, Chers amis, Merci d’être là. Bienvenue, Monsieur le Premier ministre. Bienvenue à Saint-Pierre-et-Miquelon. C’est une immense fierté pour nous tous de vous accueillir dans cette terre française d’Amérique du Nord : notre République, votre continent. C’est le premier déplacement officiel d’un Premier ministre canadien à Saint-Pierre-et-Miquelon. Votre visite aujourd’hui, votre présence et les échanges que nous avons pu avoir marquent d’ores et déjà l’histoire. J’y vois, au fond, le symbole d’une conviction partagée : celle que notre relation ne se construit pas seulement depuis Paris ou Ottawa, mais aussi dans nos territoires et, en l’occurrence, dans ce territoire qui fait de nous des voisins. Ici, 25 kilomètres de mer seulement nous séparent des côtes de Terre-Neuve. C’est notamment par cette proximité que le Canada et la France ont noué des liens profonds. Par une histoire partagée, d’abord : celle de pêcheurs, de marins, de familles qui, de génération en génération, circulent entre l’archipel et Terre-Neuve. Par une économie historiquement façonnée par la pêche et la mer, puis nourrie par les échanges entre nos deux rives. Par la langue aussi : le français, qui relie Saint-Pierre-et-Miquelon aux communautés francophones du Canada et rappelle combien nos cultures se répondent. Votre présence témoigne de la solidité de cette relation ancienne qui unit nos deux pays, de cette communauté de valeurs, d’intérêts et de destin que nous avons forgée au fil du temps. Car oui, le Canada et la France portent le même regard sur la période que nous traversons. C’est ce qui donne aussi à votre présence aujourd’hui un caractère tout singulier. Oui, nous croyons ensemble que nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester. Nous croyons, l’un et l’autre, dans la démocratie, l’État de droit, le respect du droit international, le commerce libre et équitable, la science sur laquelle reposent nos décisions et l’autonomie stratégique que nous défendons. C’est ce qui unit très profondément le Canada et la France, le Canada et l’Union européenne. C’est pourquoi nous soutenons hautement cet agenda de rapprochement, dans cette « alliance du futur » que vous avez nommée, en tant qu’État associé, comme l’a dit la présidente de la Commission, comme membre à part entière d’une Communauté politique européenne à laquelle vous nous avez fait l’amitié de venir, il y a quelques mois, à Erevan : cette coalition des indépendants à laquelle nous croyons l’un et l’autre. La place que le Canada occupe au sein de la coalition des volontaires que nous avons bâtie pour l’Ukraine, les nombreux partenariats qui sont déjà les nôtres et tout ce que nous allons renforcer le montrent ô combien. Votre présence aujourd’hui vient, en quelque sorte, marquer une étape supplémentaire de ce rapprochement, dans la période qui est la nôtre, et de cette volonté d’agir ensemble. Alors oui, nous serons ensemble, l’un et l’autre, dans quelques jours à New York, pour défendre le même agenda lorsqu’il s’agit de la Palestine, de la protection de nos enfants face aux réseaux sociaux ou à l’intelligence artificielle, de la régulation de l’intelligence artificielle. Sur tous ces dossiers, comme sur l’Ukraine, nous sommes côte à côte. Mais, en étant ici, à Saint-Pierre-et-Miquelon, au fond, nous construisons un caractère encore plus concret à ce rapprochement. Ici, nous sommes déjà forts de trente ans de coopération régionale. Depuis 1996, la commission mixte réunit les provinces atlantiques canadiennes et Saint-Pierre-et-Miquelon. Nous voulons que cette commission aille plus loin. Mais, ensemble, avec Monsieur le Premier ministre, nous voulons donner un nouvel élan. Nous souhaitons évidemment travailler avec nos amis canadiens afin de pouvoir prochainement proposer à l’archipel de nouvelles possibilités en matière de formation professionnelle, en particulier appliquée au domaine de la pêche, ou d’enseignement supérieur. J’ai déjà demandé que le ministre de l’Enseignement supérieur accompagne les étudiants de Saint-Pierre-et-Miquelon qui souhaitent suivre leurs études dans les universités canadiennes, en prenant en charge le différentiel des droits d’inscription. Nous avons aussi acté plusieurs rapprochements. Mais ce que nous avons surtout décidé, c’est qu’ensemble, en lien très étroit avec la collectivité et ses élus, nous allons demander à nos deux gouvernements de travailler à un rapprochement profond entre nos deux pays : en matière de pêche, de sécurité et de missions communes, d’énergie, dans tous les domaines où nous pouvons trouver un agenda qui soit positif pour le Canada et pour la France, qui soit pertinent pour Saint-Pierre-et-Miquelon et pour votre pays. Une page difficile a été écrite, chacun ici le sait, en 1992, et elle a traumatisé Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous n’étiez pas aux responsabilités. Je n’étais pas aux responsabilités. Le cours du monde contemporain et votre présence aujourd’hui nous imposent d’en ouvrir une nouvelle. C’est celle que nous allons écrire. C’est celle aussi que nous voulons écrire à travers les grands projets d’avenir. Par les connexions et les câbles sous-marins, pour lesquels le partenariat entre la France et le Canada a du sens, ici en particulier. En matière de spatiale, où le partenariat est essentiel et où nous voulons aussi, évidemment, le déployer ici. Et en matière de climat, qui sera un axe fort de notre partenariat. En effet, dans l’Atlantique Nord, les bouleversements sont déjà là. Les océans se réchauffent, les écosystèmes évoluent, les activités de pêche et les populations sont contraintes de s’adapter. Ces changements sont visibles. C’est pourquoi aussi nous renforcerons la coopération entre nos services météorologiques, pour mieux anticiper les événements extrêmes et prévenir les risques. Nous approfondirons également notre action en matière de systèmes d’alerte précoce, dans le cadre de l’initiative CREWS. Et enfin, nous annonçons aujourd’hui la création du Forum de recherche polaire Canada-France, qui sera organisé alternativement dans nos deux pays et dont la première édition se tiendra ici, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Le Premier ministre et moi-même avons également parlé de nos économies, de nos liens bilatéraux, de tout ce en quoi nous croyons et de tout ce que nous voulons faire avancer : en matière de défense, de ressources critiques, de minerais critiques, de terres rares, d’énergie, de quantique, d’intelligence artificielle et de technologies maritimes. Et à nous de transformer tout cela en projets, en investissements et en emplois. Je me félicite, à cet égard, du contrat signé vendredi entre Aldoria et le ministère canadien des Travaux publics et des Services gouvernementaux, pour la fourniture de données de surveillance de l’espace au bénéfice de la division spatiale des Forces armées canadiennes. Je salue également le protocole d’entente adopté à l’occasion de cette visite entre CCI France et la Chambre de commerce du Canada. Et puis, je l’évoquais, nous devons aussi œuvrer ensemble pour sécuriser nos approvisionnements énergétiques et maîtriser les prix du carburant, sujet ô combien sensible aujourd’hui pour la France. C’est la situation au Proche et au Moyen-Orient, évidemment, qui crée cette tension. Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer — et sont importants pour notre Europe — et contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays. Nous avons, là aussi, entamé une discussion bilatérale avec Monsieur le Premier ministre sur des projets très concrets. Je veux le remercier d’avoir si vite répondu à notre demande concernant les produits les plus sensibles, afin de pouvoir bâtir des solutions ensemble, le Canada étant un grand pays producteur. Nous continuerons cette discussion dans le cadre bilatéral, ainsi que dans le cadre d’un G7 consacré au sujet énergétique, qui sera très prochainement organisé. Cher Mark, à Saint-Pierre-et-Miquelon, la mer est une réalité quotidienne pour celles et ceux qui font vivre ce territoire. Elle est aussi ce qui nous relie. Elle est aussi ce qui fait du Canada non seulement cette puissance qui veut aujourd’hui se rapprocher de l’Europe, mais ce pays si voisin de nous, Français. C’est pourquoi vous avez réparé, au fond, une aberration de l’histoire : qu’il n’y ait jamais eu auparavant de Premier ministre canadien foulant ce sol. C’est une immense fierté pour nous d’être là. C’est une immense fierté que les projets concrets que nous avons décidé d’accompagner et, surtout, d’avoir décidé ensemble d’ouvrir ce nouveau chapitre, ce nouvel élan pour la relation bilatérale et pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Votre présence ici nous engage et nous poursuivrons. Vive Saint-Pierre-et-Miquelon ! Vive le Canada ! Et vive la France !
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