Emmanuel Macronelysee

Macron states he is happy to be there and thanks the rector

France — Diplomacy & Public Engagements

What was said

Macron states he is happy to be there among them and thanks the rector and faculty members for their presence.

Je voulais peut-être vous dire combien j'étais heureux d'être là parmi vous et remercier Monsieur le recteur pour ses mots et vous remercier, l'ensemble des membres du corps professoral et des étudiants qui sont là, ainsi que de tous les invités. Donc merci beaucoup pour votre présence et pour cette invitation. Je suis très heureux d'être là et très honoré de pouvoir aussi échanger avec Monsieur Cercas, pour qui j'ai beaucoup d'admiration. Voilà. Donc merci à vous. Javier CERCAS Merci, Monsieur le Président, d'être ici avec nous. Merci de vouloir converser avec moi. Montaigne a écrit : « L'Homme est un être ondoyant. » C'est beau et c'est vrai. Mais je pense aussi que l'histoire, parfois, est ondoyante. Elle monte, elle descend. Aujourd'hui, Monsieur le Président, nous sommes dans une dépression démocratique. Toutes les études le montrent. Il y a de moins en moins de démocraties au monde. Au contraire, à la fin du XXe siècle, on était dans une période de montée démocratique. Après la chute du mur de Berlin, de la fin du communisme, de l'Union soviétique, on pensait que la démocratie était presque inévitable et on parlait de la fin de l'histoire, qui ne voulait pas dire que l'histoire était finie, mais que la démocratie était the only game in town, on disait, le seul jeu de la cité. Bon, ça, cet optimisme complètement excessif, c'est fini, ou a commencé à finir avec la crise de 2008, qui était énorme, qui était terrible, qui était un séisme énorme, a fait trembler l'Europe, un séisme seulement comparable à celui, je crois, de 1929. Et le séisme, la crise de 1929 a provoqué l'arrivée au pouvoir ou la consolidation du fascisme en Europe, un peu partout, et finalement, abouti à la Seconde Guerre mondiale qui a été la fin catastrophique de cette crise. La crise de 2008 n'a pas provoqué, je crois, le retour du fascisme, j'en suis sûr. Il y a des gens qui le pensent, comme vous le savez très bien, Madeleine Albright, beaucoup de gens. Je ne le pense pas, je crois qu'elle a provoqué une chose différente qu'on peut appeler, que j'appelle national-populisme, c'est différent, qui a des manifestations diverses, comme le fascisme avait des manifestations diverses. La plus claire, le symbole pour moi, c'est la présence de Monsieur Trump, de Donald Trump au pouvoir, mais il y en a d'autres. Et qui, Monsieur le Président, a des traits du fascisme, ça c'est clair, le retour du nationalisme, la vocation autoritaire, et qui peut être encore plus dangereux que le fascisme, dans le sens qu'on connaît le fascisme. Mais on n'a pas vu encore la vraie face du national-populisme, qui est très malin, parce qu'il dit qu'il défend le fascisme ouvertement contre la démocratie, même violemment contre la démocratie. Le national-populisme, il dit qu'il défend la démocratie. Mais quand il arrive au pouvoir, il vide la démocratie du dedans, les institutions démocratiques, ou encore pire, il va contre la démocratie au nom de la démocratie. Monsieur le Président, l'exemple le plus clair, c'est l'invasion du Capitole. Ces gens disaient qu'ils voulaient : « On veut nous voler la démocratie et nous voulons qu'on nous retourne la démocratie. » C'était une perversion totale. C'était une attaque à la démocratie au nom de la démocratie. Alors ça, c'est la vision, le dessin général. La première fois qu'on s'est trouvés à l'Élysée, Monsieur le Président, on a parlé malheureusement beaucoup de l'Ukraine. Aujourd'hui encore, la guerre est là. Je suis d'accord avec vous, la guerre d'Ukraine, c'est une chose un peu différente, c'est-à-dire une logique différente, l'Union soviétique, etc., mais fait partie de cette même dépression démocratique. Il faut seulement comparer, Monsieur le Président, le Monsieur Poutine du commencement de son mandat, à la fin du XXe siècle, avec le Monsieur Poutine d'aujourd'hui. Mais alors, ceci étant dit, j'ai une question très claire, très directe pour vous. Je crois que la réponse est compliquée. Mais comment sortir de cette dépression ? C'est-à-dire quelle fin prévoyez-vous ? Et surtout, qu'est-ce que l'Europe peut faire ? Parce que l'Europe reste encore une forteresse de la démocratie et de la vision du monde basée sur les règles, mais c'est une forteresse assiégée du dehors et du dedans. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce que l'Europe peut faire ? Qu'est-ce que nous pouvons faire ? Comment sortir de ça ?
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