Emmanuel Macronelysee
Macron insists platforms must be held responsible for online content regulation
EU Politics & ReformWhat was said
Macron urges stronger enforcement of the digital services directive and insists platforms must be held responsible for online content regulation.
Merci beaucoup. Premier élément : le soi-disant free speech américain, enfin, aujourd'hui, qui a eu cette publicité faite par certains, c'est l'inverse du free speech. Il n'y a pas de liberté s'il n'y a pas de limitation à ma liberté qui commence par la liberté des autres et le respect d'un cadre commun. Je le sais quand je marche dans la rue, ma liberté, ça ne peut pas être de vous frapper, de vous insulter ou de saccager l'espace commun pour tous. L'idée que certains se font du free speech, c'est ça. Donc, il y a une liberté s'il y a le respect de la liberté de l'autre et, au fond, ce qu'on appelle un ordre public. Dans cet ordre public, il faut qu'il y ait un traitement de l'information. Ça, c'est le premier point, parce qu'il y a un rapport à la vérité. Deuxième élément : nous, nous sommes dotés de règles. Est-ce qu'elles sont suffisamment appliquées ? Non. Donc aujourd'hui, le cœur de notre bataille, j'ai écrit il y a quelques semaines à la présidente de la Commission européenne, c'est qu'on applique cette fameuse directive sur les services numériques. Il y a des premiers instruments pour déjà faire beaucoup, mais il faut y aller. En particulier, au-delà des instruments que j'ai déjà cités, on peut aller chercher la responsabilité des plateformes, ce qui est clé. Tant qu'on n'ira pas chercher la responsabilité des gens qui diffusent des contenus sur les réseaux sociaux, on ne le régulera pas. Nous, on est tous dans des systèmes où nos démocraties se sont faites, nos opinions publiques se sont forgées par la presse libre. Quand quelqu'un écrit, quand un journaliste écrit n'importe quoi ou qu'un directeur de rédaction le publie, on va chercher sa responsabilité. Il est condamné. Soit il est obligé de donner un droit de réponse, soit il est obligé lui-même d'écrire que c'était faux, et il est condamné, et ça peut aller loin. Aujourd'hui, ce n'est pas condamné. Vous l'avez très bien dit, YouTube et d'autres ont revendiqué de mettre d'ailleurs des vidéos, de majorer le climatoscepticisme dans leurs vidéos. Pourquoi ? Parce que ça crée plus de réactions chez les gens, parce que leur objectif n'est pas d'informer, il est de vendre de la publicité individualisée. C'est tout. Donc on doit utiliser beaucoup plus, beaucoup plus vite, beaucoup plus fort le DSA. Nous, on va continuer de mettre la pression. En fait, la pression, c'est de pousser la Commission à le faire, et/ou en parallèle de prendre des initiatives nationales pour bousculer. Donc je veux vraiment insister sur ce point qui était votre autre sujet, je conclurai là-dessus. En même temps que la responsabilité des plateformes, il faut en effet des tiers de confiance, structures de fact-checking qui permettent justement de restaurer la vérité, c'est-à-dire en tout cas de restaurer des faits pour que les gens puissent confronter ces faits aux théories auxquelles ils sont exposés. Ça, c'est absolument clé. C'est ce qui suppose justement cette transparence des algorithmes pour assurer que les fact-checkers ne sont pas exclus de l'espace ou ne sont pas minorés. Etudiant Je voulais vous demander, c'est un peu le grand éléphant dans la pièce, je crois que vous en avez déjà parlé. Ce sont les grandes technologiques. Donc en parlant de géopolitique, qui est mon domaine, vous vous rappelez qu’il y a quelques années, les États-Unis ont menacé la France d’imposer des tarifs douaniers si Google était taxé et nous avons vu que ces grandes plateformes étaient soutenues par les États-Unis. Ce n’était plus du soft power des années 90 mais ça a commencé à être du hard power. Nous l’avons vu aussi avec les entreprises d’intelligence artificielle. Il y a des modèles peut-être auxquels nous ne pourrons pas accéder en tant qu’européens. À l’avenir, comment nous allons gérer cette weaponization de la part des États-Unis ou d’autres puissances avec de grandes plateformes technologiques dont nous dépendons et comment nous adapter en Europe à cette nouvelle réalité qui n’est plus des technologiques de soft power mais de hard power.View official source
