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Macron outlines European strategic autonomy goals to counter major tech and geopolitical challenges

EU Politics & Reform

What was said

Macron calls for more massive European budget investments in future innovation and competitiveness and urges a united Europe to stand firm against extraterritorial economic policies.

Vous avez raison d'abord parce qu’il y a une hyperconcentration du pouvoir, on l'a connue dans d'autres temps dans la main de quelques-uns et il se trouve qu'ils sont plutôt américains. Il y en a qui émergent aussi en Chine. Face à ça, je ne veux pas ici donner le sentiment d'être en quoi que ce soit technophobe. Ces entreprises, elles sont là parce qu'elles ont formidablement réussi, innové, continué à innover, donc elles sont remarquables à certains égards. Mais l'usage qu'elles font d'une rente d'innovation légitime est à mes yeux, lui, dysfonctionnel. Donc ce qu'on ne doit pas accepter, c'est qu'une entreprise qui a très bien réussi parce qu'elle a une rente d'innovation, donc elle arrive à avoir une bonne position sur le marché, elle l'utilise pour tuer tous les concurrents sur d'autres marchés qui sont adjacents, et avec la complicité, en effet, d'un système politique qui, lui, n'a pas envie de le réguler. L'histoire nous a enseigné qu'à la fin, et moi, c'est ma conviction, le système américain aura un intérêt lui-même à réguler ses propres acteurs qui deviendront trop puissants. On n'en est pas encore là. Donc nous, qu'est-ce qu'on doit faire par rapport à ça ? Bâtir, c'est ce que j'appelle l'autonomie stratégique. On doit être plus indépendants. On a quand même réussi ces dernières années. Tout le monde nous disait que c'était impossible. Sur les données privées, on a fait une directive européenne, on a bâti un règlement qui protège nos données privées en Européen. C'était quelque chose qu'on a imposé quand même à des acteurs en quasi-totalité américains, on a imposé des règles. Alors est-ce que c'est parfait ? Non, certains ont réussi à le contourner. 2) on le fait sur les services numériques, il faut l'appliquer pour les réseaux. 3) on commence sur justement notre sujet d'IA. Il faut continuer. Mais à côté de ça, il faut consolider des acteurs européens. Donc dans ce même débat, si on veut réussir à tenir face à cette géopolitique et à cette brutalité, on doit, nous, être beaucoup plus innovants et compétitifs. C'est-à-dire qu'il faut bâtir des champions européens beaucoup plus puissants. C'est pour ça que je défends un budget européen qui investit dans l'avenir bien plus massivement et pas simplement dans nos politiques historiques. C'est pour ça que je suis pour une politique d'innovation européenne beaucoup plus ambitieuse qu’on a monté une stratégie d'IA en France qui fait qu'on investit beaucoup dans les data centers, dans les acteurs justement de l'IA et de son adoption, mais il faut le faire au niveau européen, plus fort, plus vite. Nous nous sous-estimons. L'Europe, c'est un marché, si on est vraiment intégrés, qu'on joue tous ensemble, qui est plus puissant que le marché américain. Simplement, aujourd'hui, on est beaucoup plus lents, on a moins de capitaux publics et privés, et donc on joue divisés. Et donc marché unique, budget européen bien plus massif pour avoir de l'argent public sur l'innovation, sa diffusion, sur ce qui est stratégique, marché des capitaux européens pour avoir de l'argent privé qui s'y mette beaucoup plus, et culture du risque plus forte au niveau européen, parce que ça passe aussi par une culture du risque qui est aujourd'hui moins efficace en Europe qu'aux États-Unis. Ça, pour moi, c'est la clé. Le dernier point géopolitiquement, il faut tenir tête à cette politique extraterritoriale américaine. C'est sur l'IA là, on l'a eue par le passé sur des taxes, sur des chantages. Et donc la clé pour faire ça, c'est une Europe unie et une Europe qui n'a pas peur parfois de prendre des coups parce qu'elle sait que ce qu'elle va rendre en retour peut être dissuasif. Donc je trouve que dans le débat aujourd'hui, on est plus unis qu'il y a 10 ans, mais on est trop pusillanimes, trop frileux parce qu'on a toujours le sentiment que c'est terrible, on va tout perdre si on est sanctionnés. Non, parce que si on est vraiment unis et qu'on bloque l'accès à notre marché de 400 millions d'habitants et de consommateurs, ça fait très mal à ces acteurs. Donc nous, Européens, on ne doit pas sous-estimer la puissance de rétorsion qu'on a. Donc voilà pour moi les quelques-unes des lignes, et c'est ce qu'on va d'ailleurs faire avec des mesures de restauration du juste équilibre, là pas tellement sur l'IA, mais plus avec d'autres acteurs industriels et la Chine. C'est la même philosophie. Animatrice Vous avez parlé de cette initiative française d'interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Le Conseil constitutionnel, en août, l'a stoppée parce qu'il a parlé de la vérification. Est-ce que vous pouvez garantir que cette vérification va pouvoir se faire de sorte à ne pas envahir ou empiéter sur la vie privée en France, mais aussi en Espagne parce qu'il y a un plan pour cela, et aussi quelles devraient être les conséquences pour les plateformes qui sont en fin de compte responsables s'il y a encore des mineurs sur les réseaux ? Parce qu'on sait que TikTok aujourd'hui permet aux moins de 13 ans, même si les conditions l'interdisent, mais ils y sont.
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