Emmanuel Macronelysee
Macron argues that Europe must protect its single market and impose safeguard clauses
EU Trade & EconomyWhat was said
Macron highlights that Europe faces a commercial deficit with China and calls for safeguard clauses and mirror clauses to protect European industries.
Merci beaucoup pour cette question. Vous posez une question très importante pour l'avenir économique de l'Europe. Notre Europe, en effet, s'est concentrée avec un modèle totalement tiré par l'export, et ce qui fait d'ailleurs qu'elle a totalement sous-estimé la demande intérieure européenne, qu'elle a largement dépréciée par sa politique monétaire et sa politique budgétaire des dernières décennies. Et c'est un modèle, en fait, très productif tiré par l'export. En soi, déjà, c'était un déséquilibre qui ne permettait pas d'harmoniser complètement. On l'a compensé par les politiques, dont la politique de cohésion pour certains points. Ce modèle, il est en crise. Et je vais vous dire très simplement, il reposait pour une partie d'ailleurs de l'Europe, moins chez vous et chez nous que chez nos amis du centre de l'Europe et de l'Est, mais la compétitivité européenne avait un facteur clé qui était le gaz très peu cher venant de Russie, fini depuis 2022. Mais notre grand marché export, c'était la Chine. C'est fini. L'Europe, elle est déficitaire commercialement à l'égard de la Chine. Aujourd'hui, chaque jour, on perd 1 milliard d'euros en commerce avec la Chine. Il y a deux ans, plusieurs pays étaient encore exportateurs nets. Par exemple, l'Allemagne a été jusqu'en 2025 exportatrice nette avec la Chine. C'est fini, même l'Allemagne. Et la Chine aujourd'hui est en train d'attaquer notre marché domestique sur les machines-outils, véhicules automobiles. Elle l'a fait, déjà sur la chimie. Et donc elle est en train de massacrer notre base industrielle, pour partie parce qu'elle a très bien innové, très fortement après le Covid, et ça, c'est son mérite, pour partie aussi parce qu'elle subventionne beaucoup plus ses entreprises que les nôtres, 8 fois la moyenne de l'OCDE, ça, ce n'est pas acceptable, et parce qu'on n'arrive pas à respecter les règles du jeu et qu'on ne protège pas nos entreprises. Donc moi, je ne crois pas du tout à un modèle naïf comme le nôtre. Et nous, on a été naïfs, Européens. C'est-à-dire on a dit, on est ouverts aux quatre vents parce que nous, on veut faire du commerce chez les autres. En vrai, on fait beaucoup moins de commerce chez les autres, en tout cas le grand marché chinois, et tous les autres sont en train de se re-régionaliser post-Covid. Les Américains protègent leur marché, marché nord-américain, il y a des règles, c'est très dur pour nous d'y entrer. Les Chinois protègent leur marché, il y a beaucoup de clauses, y compris non tarifaires, dans les marchés émergents. Et nous, on ouvre à tout le monde. Donc moi, j'ai une approche très simple, je veux qu'on soit beaucoup plus compétitifs, simplification, plus innovants, plus d'investissements publics et privés, un marché unique plus intégré, en particulier pour les capitaux. Ça, c'est la part offensive. Diversification de nos accords commerciaux, donc ça, pour justement avoir d'autres économies export, il faut garder ce modèle. Mais en même temps préserver notre marché unique et nos acteurs. Et donc pour ce faire, qu'est-ce qu'on doit faire ? Des clauses de sauvegarde quand on est attaqué de manière injuste, c'est-à-dire des instruments commerciaux qui font que quand j'ai un véhicule, qui vient par exemple de Chine ou du bout du monde, qui arrive sur le marché européen, s'il a touché 8 fois plus de subventions que son compétiteur européen, je dis, ce n'est pas juste, je rectifie les règles de la juste concurrence. C'est normal. Et ce qu'on appelle les clauses miroirs que vous avez citées, c'est juste de dire, si moi j'impose par exemple à un fermier européen de ne pas utiliser telle ou telle molécule pour produire, si j'importe, j'impose les mêmes molécules, sinon on est des fous. C'est-à-dire on dit, nous, pour la planète, on interdit des pesticides, etc., mais on va continuer de pouvoir les importer et les manger. Donc on ne règle rien du problème de la planète et en plus on va créer des dépendances alimentaires. Donc les clauses miroirs, c'est une forme de bon sens. Donc je crois à fond à cet agenda où il faut davantage protéger notre Europe. Et ça rejoint un peu ce que je répondais à Monsieur dans sa question, c'est que je pense que nous, Européens, on est à un moment où on doit devenir une puissance. Et si on veut devenir une puissance commerciale, eh bien, il faut apprendre à retrouver la juste valeur de notre marché intérieur. Vendre déjà sur ce marché de 400 millions d'habitants plutôt aisés à l'échelle de la planète, ça a beaucoup de valeur. Et pour les autres, accéder à notre marché, ça doit avoir de la valeur. Etudiant Si les jeunes sont limités dans leur accès aux réseaux sociaux, comment peuvent-ils renforcer leur résilience face à la désinformation ?View official source
