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Macron argues that children are not ready for social media at a young age
Immigration & DomesticWhat was said
Macron argues that children are not ready for social media at a young age and explains platforms fail to moderate content because their priority is selling ads.
D'abord, je ne pense pas que les deux soient incompatibles. La question, c'est celle du bon âge. C'est-à-dire que si vous accédez aux réseaux sociaux à 10 ans, ce qui est le cas aujourd'hui de beaucoup de jeunes, en fait, vous n'êtes pas en âge pour le faire. Et on a d'ailleurs compris pour le cinéma, on ne vous met pas n'importe quel livre dans les mains, on ne vous met pas n'importe quel contenu de cinéma. Il ne faut pas vous laisser dans cette jungle. Et il faut assumer le fait de dire que pendant les premières années de la vie, d'abord, il faut du temps pour son développement affectif, il ne faut pas être exposé à certaines images, à certaines choses, il faut apprendre avec les autres, ses parents, sa famille, ses camarades, ses amis. Il faut du temps pour la lecture parce que c'est ce qui vous permet d'absorber un contenu, de le comprendre, de l'analyser, et ce temps-là suppose de la concentration. Et les réseaux sociaux vous volent de la concentration et parfois même du sommeil. Vous imaginez, c'est en moyenne, en tout cas en France, c'est 4h20 en moyenne par jour pour un enfant et un ado. C'est-à-dire qu'il y a des enfants, et moi j'en ai vu, pour qui c'est 6 heures par jour. 6 heures par jour, vous ne lisez plus, vous n'interagissez plus avec les autres. Donc en fait, on ne vous permet pas, on ne vous donne pas la chance de devenir un enfant puis un adulte et de construire le citoyen que vous avez à être. Donc je dirais, vous protéger, c'est ne pas vous exposer à des choses dont je ne suis pas sûr qu'elles soient faites pour vous. Et moi, j'ai expérimenté parce que de 2018 à 2022, j'ai essayé la régulation proactive avec les plateformes. Elles m'ont baladé pendant 6 ans. Enfin, en l'espèce, oui, ça a duré, il me semble, parce qu’on a sauté de 17 à 23. Mais on a discuté, discuté. Ils m'ont dit : « On va modérer les contenus pour les plus jeunes. » Elles ne le font pas du tout parce qu'il n'y a pas de modèle économique. Et leur problème, ce n'est pas d'éduquer des jeunes, toutes ces plateformes, c'est de vendre le maximum de pubs. Et ce n'est pas une offense, il ne faut juste pas se tromper. C'est-à-dire qu'on n'envoie pas nos enfants, quand on a à les éduquer, dans un supermarché et un sex-shop. Avec les réseaux sociaux, c'est un peu ce qu'on a fait. On a dit, c'est super, on va les laisser accéder librement aux supermarchés, aux sex-shops, à la vente d'armes, etc., c'est-à-dire à tous les trucs qu'on a plutôt régulés. Non, on dit, on les garde dans un cadre. Donc c'est du temps qu'on vous sauve pour la lecture, le sport, les arts, les amis, pour vous former et être des adolescents, puis des adultes. Et après, autour de 15 ans, on voit qu'on est en âge de pouvoir accéder. Et donc en parallèle, on prépare à cela. Et c'est aussi pour ça que dans nos programmes, on met l'éducation aux réseaux numériques, c'est-à-dire on apprend à démêler le vrai du faux. Et donc moi, je pense qu'avant d'aller sur les réseaux, 1) il faut avoir eu des connaissances et des certitudes, c'est-à-dire il faut avoir bâti un rapport à la vérité, aux faits, c'est-à-dire il faut avoir appris les mathématiques, le raisonnement, il faut avoir appris sa langue, il faut avoir appris des références historiques, c'est-à-dire des choses qui font d'abord un socle de connaissances. Après le socle de connaissances, l'esprit critique, c'est-à-dire celui par lequel vous allez apprendre le doute légitime qui vous permet de progresser dans la connaissance et d'aller chercher les informations. Et à ce moment-là, quand vous maîtrisez vos connaissances et ce socle de connaissances et que vous avez acquis un esprit critique, vous pouvez vous balader dans les réseaux sociaux parce que vous allez être moins exposés, eh bien, au complotisme, au relativisme absolu, à l'effondrement de la science, aux fausses informations, parce que vous allez d'abord avoir des connaissances que vous avez consolidées, donc vous allez pouvoir dire : « Ça, c'est n'importe quoi. » Et puis vous avez eu cet esprit critique qui va vous dire : « J'ai quand même l'impression que c'est n'importe quoi, je vais aller vérifier. » Si je vous laisse dans la jungle à 12 ans, vous n'avez aucun de ces réflexes. Vous n'avez pas encore appris, donc vous ne savez pas si ce à quoi vous êtes confronté, c'est n'importe quoi ou c'est vrai. Et si vous n'avez pas bien bâti un esprit critique, qui est une vraie méthode. L'esprit critique, ça n'est pas le scepticisme permanent, c'est une méthode pour apprendre et avoir un doute qui vous aide à accéder à la vérité. C'est aussi ce que vous consolidez à l'université. C'est, je dirais, l'exact opposé de ce qu'on voit sur les réseaux sociaux naître, c'est-à-dire face au déferlement de contenus permanents, on ne sait pas si c'est de l'IA ou pas, qui l'a fait, etc., on ne croit plus en rien. Et du coup, c'est ce qui fait que je retrouve des certitudes communautaires et je deviens complotiste. C'est-à-dire, comme je ne sais plus démêler le vrai du faux parce que je n’ai pas un socle de connaissances, je n'ai pas une bonne méthode, je suis exposé à quelque chose qui n'est pas adapté, je me referme dans ma communauté la plus proche et cette communauté-là me dit que c'est ça, que la Terre est plate, et donc la Terre est plate. C'est exactement ce qui est en train de se passer. Donc vous voyez, pour toutes ces raisons, pour la protection affective, pour avoir d'abord le temps d'apprendre, de lire, puis de forger votre esprit critique. Je pense qu'un enfant, un adolescent n'est pas prêt et on ne lui rend pas service en le mettant sur les réseaux. Puis en parallèle, on doit le préparer pour qu'ensuite, quand il y aille, il le fasse avec discernement. Etudiant Bonjour, Monsieur le Président. Vous avez mentionné si on utilise l'intelligence artificielle parmi nous, et j'imagine que vous connaissez la réponse. Mais je voudrais vous demander, est-ce que vous connaissez l'une de mes dernières recherches que j'ai pu faire ? Et typiquement, quels seraient les top 10 des métiers qui vont survivre d'ici 2030. Donc j'ai eu cette interrogation puisque lors de la rentrée récemment, on nous a demandé où on se voyait d'ici 10 ans. Et je vais vous avouer, j'étais un peu perdu puisqu’avec l'ère de l'intelligence artificielle, le numérique, j'ai l'impression que ça va bien plus vite que nous et c'est compliqué de suivre le rythme de la technologie. Notamment, on voit, on se réveille un matin et on peut voir comment Claude ou ChatGPT peuvent résoudre des énigmes mathématiques ou des piratages dans des gouvernements, des entreprises. Et c'est pourquoi le point le plus important pour moi personnellement, c'était le fait de sans cesse voir la disparition des postes juniors dans les entreprises. Et je voulais vous demander si vous aviez un message concret pour les jeunes qui puissent penser que c'est compliqué de suivre le rythme de la technologie, mais aussi — et cette partie j'ai changé un peu dans la question puisque vous avez partiellement répondu — comment l'Union européenne, qui, vous dites, peut s'unir et même combattre la Chine ou les États-Unis, est-ce que vous pensez réellement qu'on va pouvoir le faire, qu'on va pouvoir s'unir entre les pays ? Merci beaucoup.View official source
