Emmanuel Macronelysee
Macron outlines French and Spanish cooperation after talks with Sanchez
EU Politics & ReformWhat was said
Macron outlines French and Spanish cooperation after talks with Sanchez. Macron calls for stronger European investment and protection of young people.
Merci beaucoup, Monsieur le Président du gouvernement, cher Pedro, merci pour l'accueil aujourd'hui à Moncloa et la très bonne discussion que nous avons eue et celle que nous allons poursuivre avec l'ensemble de nos équipes. Et je veux aussi ici remercier Sa Majesté le roi pour son accueil, son invitation à cette visite d'État. Tu viens de tout dire, de la relation bilatérale, de nos agendas européens et internationaux, et je me retrouve très bien dans ce qui a été dit. Mais au fond, il y a très clairement une amitié, une estime et une vitalité de la relation bilatérale qui est une force pour nos deux pays. Alors elle s'inscrit dans cette histoire que nous rappelions hier avec Sa Majesté le roi, qui est : les combats de liberté ont toujours connu les Espagnols et les Français côte à côte. Et ce fut vrai durant la lutte des Républicains espagnols. Ce fut vrai lors de la Libération de la France. Et en effet, nous n'oublions pas cette mémoire qui nous lie et qui a beaucoup irrigué notre imaginaire. C'est vrai des relations humaines. Ce sont des choses qu'on ne peut pas décréter. On peut accompagner ou créer des instruments, mais il est frappant de voir encore la vitalité de l'enseignement de nos deux langues de part et d'autre, de l'intensité des relations entre nos réseaux culturels, linguistiques et scolaires. Et de voir que le Bachibac que nous avons créé il y a 15 ans à peine est un très grand succès qui permet, là aussi, d'améliorer les choses. Et quand on parle d'Erasmus, qui est sans doute une des incarnations les plus concrètes de l'Europe, je constate que nous sommes des destinations privilégiées de part et d'autre des Pyrénées pour nos étudiants. Donc ça, ça reste une très grande chance et ça montre la force de ce lien. Et ce lien, on le retrouve dans la relation commerciale, culturelle et humaine. Et c'est vrai que, vous l'avez rappelé, j'étais ce matin avec Sa Majesté le roi à l'ouverture du Forum de nos entreprises et de la coopération économique. Lorsque nous étions ensemble il y a à peine 3 ans à Barcelone, on disait : il y a près de 80 milliards d'euros d'échanges de biens et de services. On est à 90 milliards aujourd'hui. La France est le premier client, le premier employeur étranger en Espagne, le troisième fournisseur. Donc il y a une très grande force du lien entre nos entreprises et beaucoup étaient là dans notre délégation, qui sont des grands employeurs dans votre pays, d'Orange qui vient de réaliser un investissement stratégique majeur, en passant par Renault qui continue dans ses sites de Palencia et Valladolid d'être présent, de Veolia, Carrefour, mais aussi EDF, Engie et j'en passe. C'est aussi la relation qu'on veut continuer d'avoir et consolider en matière de défense. On a commencé à en parler, on va poursuivre. Nous sommes des partenaires de très longue date dans l'A400M, les hélicoptères Tigre, le NH90. On a une coopération aérospatiale très dynamique avec aussi les projets spatiaux Thales Alenia Space, Hisdesat et Airbus Defence and Space, et la consolidation avec le projet BROMO que nous soutenons et qui est très important pour nos industries. Et puis on intensifie justement ces relations. J'ai vu plusieurs entreprises remarquables du New Space espagnol. On a le projet IRIS² que nous soutenons ensemble avec financement commun, qui va nous permettre d'avancer. Et donc on le voit dans beaucoup de secteurs, on a aussi une ambition nouvelle pour démultiplier le partenariat économique stratégique. Nous poursuivons aussi notre coopération en matière transfrontalière et de connectivité. Et ici, je veux dire combien cet agenda est important pour nous deux. D'abord en matière ferroviaire, et je veux là réaffirmer l'importance des liaisons. Donc on a mis en service des lignes grande vitesse Tours-Bordeaux, Nîmes-Montpellier, qui a étendu le réseau français aussi de LGV vers l'Espagne. Réaffirmer ici que nous avons cet objectif de relier Paris à Madrid en 6 heures, Lyon à Barcelone en 4h20, et que nous avons confirmé en mai dernier le lancement des grands projets qui est attendu. Et donc nous mobilisons nos financements de part et d'autre et ensemble nous nous mobilisons aussi pour obtenir les financements européens nécessaires à ces projets d'intérêt européen commun sur plusieurs de ces lignes et toutes celles que je n'ai pas citées. Sur la question des interconnexions énergétiques, on a aussi beaucoup progressé ces dernières années. Le golfe de Gascogne d'un côté, H2med de l'autre, ou BarMar, qui permet justement la liaison hydrogène et l'équipement. Et il est clair qu'on doit continuer l'interconnexion électrique transpyrénéenne. Elle suscite, on le sait bien, parfois plus de réticences sur le terrain local, mais c'est notre travail justement de savoir convaincre. Mais au-delà de ça, nous allons ensemble aussi mobiliser des financements européens parce que ces interconnexions sont évidemment très importantes de part et d'autre, mais si on veut les accélérer, il faut qu'on arrive à aller au bout aussi d’une capacité à montrer qu'elles sont importantes pour le réseau européen tout entier. Et c'est pourquoi, à cet égard, je l'ai rappelé ce matin, Monsieur le Vice-président, chez vous au ministère, mais on doit poursuivre deux objectifs sur lesquels nous nous accordons : la neutralité technologique, l'interconnexion électrique. C'est à cette condition qu'on aura une Europe plus efficace et qu'on pourra accélérer nos interconnexions transpyrénéennes. Au-delà de cette relation bilatérale, et de ces liens, évidemment, on a aussi un agenda européen où, là, la complicité est forte. Et le Président du gouvernement vient de le rappeler. D'abord, le soutien à l'Ukraine, le rôle que nous jouons dans la coalition des volontaires, la clarté que nous avons à cet égard, la défense du peuple ukrainien, de sa souveraineté, de la sécurité des Européens, la consolidation d'un pilier européen au sein de l'OTAN et le fait que je crois pouvoir dire que nos deux pays font partie de ceux qui assument de ne pas avoir de double standard et donc aussi de défendre la souveraineté dans d'autres régions du monde. C'est-à-dire d'avoir eu la clarté de reconnaître la Palestine tout en soulignant l'importance de la sécurité d'Israël, de ne rien céder à ce combat pour la paix et la stabilité et d’œuvrer pour la souveraineté territoriale du Liban, qui est une clé aussi de la sécurité de la région. Cette clarté est, je crois, importante. Sur nos différents agendas européens, nous avons évidemment l'agenda de compétitivité où là nous œuvrons ensemble sur le numérique. Nos ministres ont signé une déclaration conjointe très ambitieuse qui appelle à bâtir par l'investissement et la préférence européenne un écosystème européen souverain sur l'ensemble de la chaîne de valeur du quantique, de l'IA, du cloud, des puces et de la 6G. Et donc ça, c'est, je pense, un élément extrêmement important. Et donc nous soutenons une approche ambitieuse en matière d'investissements et nous soutenons aussi une approche ambitieuse en termes de budget européen. Et là-dessus, je veux ici souligner, vous venez de le faire à l'instant, l'importance pour nous deux d'avoir un budget qui permette de tenir nos ambitions en matière de politique agricole, de politique de cohésion, mais également de développer des financements conjoints en matière justement de nouveaux secteurs et d'assumer d'avancer sur l'agenda également de l'union de l'épargne et de l'investissement. Mais l'ambition du budget européen, notre capacité justement à décider de ressources propres au mois d'octobre, et à défendre cette ambition et une juste taille de ce budget pour nos investissements d'avenir est clé, nous la partageons. À côté de ça, il y a la nécessité de déployer une préférence européenne dans nos financements et nos marchés publics, c'est ce qui est fait avec le règlement accélérateur industriel, et d'avoir véritablement une défense du contenu européen et de protéger nos industries. Et nous en voyons l'importance et nos pays sont exposés par exemple à l'industrie automobile qui exige d'avoir cette clarté et cette ambition, et nous la défendons. On a eu une très bonne discussion à l'instant aussi avec Monsieur le Président du Conseil sur justement la relation avec la Chine. Nous pensons l'un et l'autre que l'Europe doit rester un lieu, et c'est ce que nous faisons pour nos diplomaties, d'ouverture, de diversification, de discussions stratégiques. Et je suis allé chaque année en Chine et les relations sont évidemment très importantes. Et vous y allez aussi très régulièrement, mais nous sommes attachés à ce qu'il y ait une juste compétition. Et donc à cet égard, nous défendons une approche qui consiste à dire : on doit protéger beaucoup mieux, beaucoup plus vite l'industrie européenne. C'est tout ce qu'on a demandé à la Commission avec la modernisation des outils commerciaux et de protection. Dès le mois d'octobre, on va le mettre en œuvre. On doit être très pragmatiques, restaurer les conditions d'une juste concurrence quand elles n'existent pas et donc protéger nos acteurs industriels quand il le faut. Mais aussi, on doit convaincre nos partenaires chinois de faire des transferts de technologie. Vous en avez fait en Espagne, nous en avons fait en France, qui respectent l'emploi européen et qui permettent de faire, sur certaines technologies de pointe où les Chinois sont, ce que nous avons fait il y a 25, 30 ans. C'est une approche européenne unifiée qui nous permettra d'être efficaces à cet égard et c'est celle que nous défendons. Et donc budget ambitieux, politique d'innovation, financement conjoint et préférences européennes sont les clés. Nous avons aussi rappelé notre solidarité avec l'Espagne après la crise migratoire de Ceuta parce que nous partageons le même attachement à l'équilibre qui a été trouvé entre responsabilité et solidarité et qui préside à la mise en œuvre du pacte asile-immigration, qui paraît la seule chose efficace à faire pour notre Europe. Et donc nous devons continuer à développer des solutions de fermeté, de protection de nos frontières communes, d'efficacité, mais dans le respect du droit de l'Union européenne et de nos valeurs sur les retours, la coopération de réadmission face aux filières et aux modèles économiques des passeurs, avec tous les leviers qui sont les nôtres, avec les pays de transit ou d'origine, en étant fermes, mais en étant solidaires en européens et en étant conformes à l'histoire qui est la nôtre et à nos valeurs. Enfin, nous sommes mobilisés ensemble sur la protection de nos démocraties et de notre jeunesse, et bâtir ainsi une régulation européenne du numérique. Nous avons, ces dernières années, bâti ensemble, il y a eu une mobilisation très forte franco-espagnole pour arriver sous présidence française à la mise en œuvre des deux directives DMA et DSA, qui étaient déjà clés, et notre mobilisation commune avec quelques autres collègues a été décisive. Et on était il y a quelques jours, ensemble, encore aux Nations Unies pour présider, aux côtés du premier ministre australien et du président kényan, une mobilisation pour la protection de nos enfants face aux évolutions technologiques et à l'IA. Et je dois dire que ce sont nos initiatives qui ont permis de faire évoluer pas simplement le débat, mais les décisions européennes. Et je me félicite de l'acte européen de protection des enfants qui a été annoncé par la présidente de la Commission européenne, et qui est le fruit d'une mobilisation commune. Et nous sommes attachés à une Europe qui protège ses enfants et ses adolescents, qui protège l'espace démocratique numérique européen des ingérences étrangères et des manipulations algorithmiques. Nous sommes pour l'innovation. Et pour capter les parts d'innovation et la croissance qui l'accompagne, nous sommes contre la prédation du cerveau et des cœurs de nos enfants et de nos adolescents. Et nous sommes contre la détention de ces innovations dans la main de quelques-uns. À cet égard, nous avançons et nous continuerons d'avancer ; ce qui passe aussi par une information et des contenus européens de qualité. Et c'est ce qu'Arte fait lors de cette visite d'État avec le lancement des contenus Arte+ sur RTVE, jalon majeur aussi d'une plateforme véritablement européenne, et c'est un point très important. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais ajouter ou confirmer des propos de monsieur le Président du gouvernement. Mais vous redire, te redire, cher Pedro, le bonheur que nous avons avec ma délégation d'être ici et le bonheur personnel que j'ai de me retrouver à tes côtés et poursuivre notre travail. Merci beaucoup. Animatrice Monsieur le Président, merci beaucoup. On va donc commencer cette conférence de presse. Merci déjà d’être venus aussi nombreux. On va procéder à un tour de parole en commençant par nos collègues français.View official source
