Emmanuel Macronelysee
Macron argues that a unified European trade and budget policy is essential
EU Politics & ReformWhat was said
Macron argues that the EU must protect its actors against unfair competition and calls for an increased and more ambitious European budget.
Premier point, ce que je disais, c’est qu’on a des acteurs et on a pu avoir des voix qui ont été divergentes parce que les intérêts ont pu ne pas être les mêmes. Ce que j’ai dit, c’est que notre rôle, c’était justement de converger, parce que la seule réponse qui fonctionne est européenne. On a eu une discussion très substantielle à l’instant, ce n’est pas la première, mais je la traduis sous le contrôle du Premier ministre, je crois qu’on est tous les deux convaincus sur l’idée de dire qu’il faut protéger nos acteurs européens. On a, des deux côtés des Pyrénées, des acteurs qui, aujourd’hui, quand ils subissent une concurrence déloyale, doivent être protégés. C’est les clauses de sauvegarde, c’est la modernisation des instruments de commerce qu’on a demandés à l’Europe, et là, on est totalement alignés. La deuxième chose, c’est que nous ne pensons pas qu’on doit rentrer en guerre commerciale ou tout couper avec la Chine. Ça n’aurait pas de sens. D’abord parce qu’on a encore des acteurs qui y travaillent. Ensuite parce qu’il y a aussi des innovations technologiques dont on a besoin. J’avais écrit, il y a 18 mois, une tribune à cet égard avec plusieurs points de cette stratégie qu’il portait, et d’ailleurs, c’est ce que nous avons pratiqué l’un et l’autre : c’est le transfert de technologie. L’Espagne a reçu plusieurs entreprises chinoises qui ont fait du transfert de technologie dans certains domaines. Nous avons fait pareil. Je pourrais vous citer Douai avec Envision où, pour partie, notre succès dans la batterie électrique automobile est lié à ce transfert de technologie. Il doit être encadré et respectueux. Et donc, on est dans une vision qui consiste à garder un engagement stratégique, mais à protéger et à assumer de protéger. Et enfin, je vais vous dire, si on n’est pas unis en Européens, on n’a aucune chance d’avoir un résultat. Et ça, je crois qu’on est totalement alignés, tous les deux. Et donc, je dois pouvoir dire que la ligne que nous poursuivons, elle n’est ni d’être naïfs ni de stigmatiser. Elle est de restaurer les termes d’une concurrence juste et équilibrée avec la Chine, de protéger des acteurs qui sont les victimes d’une concurrence déloyale quand elle existe, de permettre à notre économie de bénéficier des innovations chinoises lorsque nous en avons besoin par des technologies, des transferts de technologies, et de le faire en étant unis en Européens pour protéger notre marché. Et c’est aussi pour ça qu’on croit à une politique douanière réunifiée. Voilà les termes de ce qui, à mon avis, est la seule politique efficace au niveau européen et que je crois pouvoir dire aussi le reflet de la très bonne discussion qu’on a eue avec le président du Gouvernement espagnol à l’instant. Sur le budget européen, là aussi, on a une très forte convergence. Nous devons augmenter la taille du budget, pas de doute. Et je le rappelais, on l’a augmenté la dernière fois pendant le Covid avec REPowerEU, parce qu’on est face à des défis en matière de défense et de sécurité, de technologies vertes, d’intelligence artificielle et de quantique qui font que, si on n’augmente pas notre budget, eh bien, soit on ne fera pas ces dépenses et on ne sera pas dans la course de l’innovation, soit on renverra à chaque pays la responsabilité de le faire et donc on fragmentera notre marché unique et on aura 27 politiques du spatial, 27 politiques de l’intelligence artificielle, ce qui est une stupidité parce que nous n’aurons pas la taille critique pour le faire. Donc, nous devons avoir un budget plus ambitieux. La clé pour avoir ce budget plus ambitieux sans augmenter nos contributions nationales, c’est d’être innovants. La première discussion qu’on va avoir, là, en octobre, c’est l’agenda qu’on va travailler ensemble des ressources propres. Le budget européen a besoin de plus de ressources propres. Il y a des moyens d’avoir ces ressources propres qui nous permettront d’avoir un budget plus important sans augmenter les contributions nationales. Deuxième chose, être peut-être innovants par rapport au remboursement de l’emprunt qu’on a fait il y a six ans. Est-ce qu’il faut s’empresser de le rembourser maintenant ? Est-ce qu’on ne peut pas en prolonger les maturités ? Les maturités de nos États, elles sont beaucoup plus longues, elles vont jusqu’à 30 ans et même au-delà. L’Europe est une signature forte. Deuxième élément. Et puis, troisièmement, on pourra regarder, ce sera le fruit de la discussion, où est-ce qu’on peut ajuster les choses et avoir des coupes raisonnables. Voilà dans quel ordre nous voyons les choses, mais l’ambition de ce budget est la clé pour répondre à ce qui est le principal facteur explicatif du problème européen aujourd’hui : son manque d’innovation. L’innovation ne se fera que si on a des financements publics et des financements privés, d’où l’importance du marché unique des capitaux beaucoup plus fort.View official source
