Emmanuel Macronelysee

Macron outlines French–German youth and industrial security cooperation

France — Diplomacy & Public Engagements

What was said

Macron says France and Germany signed an agreement to strengthen their youth office and published a joint industrial strategy. Macron calls for closer European defense and deterrence cooperation.

Félicitations pour cette signature. Monsieur le Président fédéral, cher Frank, mesdames, messieurs les vice-présidents, mesdames, messieurs les ministres, ambassadeurs, mesdames, messieurs, en vos grades et qualités, félicitations pour la signature qui aujourd'hui, en effet, vient d'être faite et qui renforce encore notre office franco-allemand de la jeunesse. Monsieur le Président, c'est un immense honneur de vous accueillir, votre épouse et vous-même, avec votre délégation, pour cette visite d'État en France. Il y a deux ans, vous nous aviez fait l'honneur de nous accueillir en Allemagne pour la première visite d'État d'un Président français depuis près de 24 ans. Donc c'est un très grand plaisir de vous accueillir en retour. Nous le disions à l'instant, à la fin de la réunion que nous avons eue, le grand risque de la relation franco-allemande, c'est d'être habitués, parce que les temps que nous vivons n'ont rien de temps ordinaires. Nous voyons combien nos démocraties sont bousculées aujourd'hui par le doute, par aussi cette fragmentation, cette polarisation que nous vivons, ce que les réseaux sociaux d'ailleurs viennent accélérer dans nos sociétés. Par le doute qui s'installe sur à la fois la capacité de nos démocraties à relever ces défis, tout à la fois le retour de la guerre en Europe, l'accélération de mutations technologiques qui changent nos vies, les dérèglements climatiques et ce qu'ils entraînent comme conséquences, et la transformation aussi de la géopolitique commerciale internationale. Tout ça vient percuter des certitudes qui, pour beaucoup, étaient établies depuis des décennies et sur lesquelles reposaient nos modèles économiques et politiques. Je crois au contraire que le franco-allemand doit être le socle de la réponse à ces défis. C'est exactement ce que nous avons voulu faire ces dernières années. Je veux ici que chacun mesure la force qu'a la relation franco-allemande, une réconciliation que beaucoup jugeaient impossible et d'ailleurs qui n'était jamais advenue avec cette intensité dans les siècles qui avaient précédé. De la rencontre de Reims au Traité de l'Élysée jusqu'au Traité d'Aix-la-Chapelle en 2021, nous avons renforcé et consolidé l'intimité de notre relation. Nous l'avons renforcée entre nos gouvernements. Nous l'avons renforcée entre nos Länder et nos régions transfrontalières. Votre présence dit beaucoup de cela. Nous l'avons rendue plus concrète. Nous l'avons rendue plus fréquente. Nous l'avons rendue en quelque sorte inaltérable. Derrière, c'est aussi la capacité de la France et de l'Allemagne ensemble à répondre à ces défis du moment. À ce titre, ce que nous avons su faire au dernier Conseil des ministres franco-allemand dit beaucoup aussi de l'Europe que nous voulons. Nous venons ensemble de bâtir une stratégie commune pour la protection commerciale de nos industries. C'est le fruit d'un très long travail que nous avions préparé. Nous venons de le rendre public et il va créer un entraînement dans notre Europe. Donc, je veux ici dire qu'au fond, notre relation et votre présence aujourd'hui dit la force et l'intensité de cette relation et on va continuer de la consolider. Pour notre jeunesse, c'est tout le rôle de l'OFAJ et nous y tenons ô combien, pour consolider la défense de nos démocraties, c'est ce que nous faisons avec Arte, la plateforme que nous européanisons, ce que nous faisons aussi dans le rapprochement entre Deutsche Welle et France Médias Monde. C'est ce que nous voulons faire en matière de coopération transfrontalière, je viens de le rappeler. C'est ce que nous voulons faire en matière de culture, en matière de coopération économique. Mais derrière ça, ce en quoi nous croyons très profondément, c'est un pacte renouvelé entre l'Allemagne et la France, un pacte d'avenir pour bâtir justement une Europe plus libre, plus indépendante. Ce pacte d'avenir, il repose sur notre capacité à, ensemble, innover, être des acteurs essentiels dans l'intelligence artificielle, le quantique, les technologies vertes, le spatial et la défense. Cette ambition commune que nous allons porter et servir, c'est, je crois, celle qui doit permettre à nos deux pays de continuer à créer des emplois et offrir des perspectives à nos sociétés, de montrer que nous avons des solutions d'avenir dans la compétition internationale et de permettre à l'Europe d'avancer sur ces solutions. Beaucoup reprochent souvent aux Allemands et aux Français de dire, au fond, quand vous avez réglé les choses entre vous, tout est dit et on devrait suivre. Ça n'est pas vrai. On a toujours montré ces dernières années que l'Europe se faisait à 27 et dans 27 capitales, notre Union européenne. Mais une chose est sûre, c'est que si l'Allemagne et la France n'avancent pas de concert, l'Europe n'avance pas du tout. Nous sommes à la fois ce socle qui protège et ce socle qui peut impulser et qui ensuite est relayé, démultiplié par notre complicité. Donc, je veux ici dire combien pour moi le dialogue renouvelé entre nous doit permettre tout à la fois de consolider nos politiques historiques, nos liens, permettre de renforcer nos démocraties, leur vitalité dans un moment où le complotisme et le scepticisme l'emportent parfois, et doit permettre aussi de construire les solutions d'avenir pour nos économies et nos sociétés. Sur tous ces domaines, nous allons redoubler d'efforts. Combien aussi cette ambition commune que nous portons, et nos débats hier soir et ce matin l'ont montré, doit permettre à l'Europe d'avancer, mieux protéger ses acteurs économiques face aux actions inéquitables de certains compétiteurs, mieux investir, et ce sera tout le débat que nous allons justement avoir à bâtir ensemble en matière de perspectives financières pour notre Europe pour les années à venir, mieux investir dans notre agriculture, nos politiques de cohésion, mais aussi dans la compétitivité européenne, bâtir un socle de défense commun qui permettra de protéger notre continent et savoir aussi embrasser une transition énergétique qui permet tout à la fois de répondre aux défis de la compétitivité, de la souveraineté et du climat. Ce sont aussi les défis contemporains qui nous lient que sont les guerres du moment. Je veux ici saluer votre travail et votre engagement comme ministre des Affaires étrangères, puis comme Président, quand l'Europe s'est trouvée attaquée par le retour des guerres. En effet, nous agissons de concert quand il s'agit de protéger l'Ukraine, de la défendre, de l'aider à se défendre, tant nous sommes conscients l'un et l'autre qu'il s'agit là de l'avant-poste de la sécurité européenne et que se joue là aussi en Ukraine l'avenir d'une architecture de sécurité européenne à laquelle nous œuvrons ensemble. Je me félicite que nous ayons su entamer aussi des dialogues nouveaux sur la dissuasion avancée, innover en la matière sur le plan stratégique. Nous avons beaucoup d'ambitions en matière d'espace, en matière justement aussi d'épaulement de cette dissuasion avancée sur laquelle nous avançons ensemble. Nous avons beaucoup d'ambitions ensemble pour la sécurité de l'Europe et pour aider l'Ukraine à résister jusqu'au dernier quart d'heure et à pouvoir bâtir une paix solide et durable qui est la seule possible et souhaitable pour notre Europe. C'est aussi ensemble que nous prenons des positions communes pour avoir un monde plus sûr lorsqu'on parle du Proche et Moyen-Orient, et également défendre les intérêts européens dans cette région quand il s'agit de notre énergie. En tout cas, Monsieur le Président, cher Frank, je veux ici vous dire que votre visite d'État est très importante pour nous. Elle l'est à titre personnel, parce qu'elle me permet de vous dire l'amitié et l'estime que nous vous portons. Et ça n'est pas rien, 10 ans de compagnonnage. Vous avez été élu Président de la République fédérale quelques mois avant aussi ma première élection. Depuis 10 ans, nous cheminons côte à côte. Nous avons connu quelques tempêtes. Mais ces tempêtes, nous les avons toujours affrontées main dans la main. Vous êtes aimé et estimé des Français et vous êtes un ami. Votre présence aujourd'hui me permet de vous le dire de manière directe. Je veux aussi vous remercier pour tout ce que vous avez fait durant ces années, pour l'amitié entre nos deux pays, pour cette relation jamais banale entre l'Allemagne et la France, et essentielle à nos yeux, et tout ce que vous avez fait pour l'Europe. Je veux aussi vous dire que j'ai la conviction que jusqu'à nos derniers quarts d'heure, l'un et l'autre, nous nous battrons avec la même énergie et le même enthousiasme, mais que nous portons aussi la même espérance pour nos pays, pour ce que l'Allemagne et la France ont à faire ensemble et pour notre Europe. Je suis convaincu que sur ce continent qui a connu tant de guerres et tant de guerres civiles et fratricides, ce que nous avons su bâtir ces dernières décennies est inaltérable et que notre responsabilité, elle se joue aussi dans les mois et les années qui viennent pour les décennies à venir, c'est de rendre cette paix impossible à rompre et c'est de permettre à nos deux pays d'être aux avant-postes d'une prospérité nouvelle, de démocraties revivifiées, et d'une force redoublée. Je sais que nous le ferons ensemble. Merci infiniment pour cette visite d'État et pour être là.
View official source